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Calendrier de vermifugation naturelle : mon protocole par saison

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Last Updated on octobre 16, 2025 by Fabien Ménard

Il y a huit ans, j’ai fait une découverte embarrassante pour un docteur en parasitologie : je vermifugeais mes propres chiens… n’importe comment.

Une cure de graines de courge par-ci quand j’y pensais. Un peu de terre de diatomée par-là après une randonnée. Bref, je faisais exactement ce que je reprochais à mes clients en consultation : de l’à-peu-près.

Le déclic est venu d’une série d’analyses coprologiques que j’ai réalisées sur Filou, mon Berger Australien, pendant 18 mois. J’ai noté chaque résultat, chaque date, chaque condition météo. Et là, impossible de louper le pattern : les charges parasitaires explosaient au printemps et en automne. Pas en hiver. Pas de manière linéaire.

Les parasites intestinaux suivent un cycle saisonnier. Moi, je vermifugeais « tous les trois mois » comme un robot.

Depuis, j’ai construit un calendrier de vermifugation naturelle que j’applique sur mes deux chiens et que je recommande en consultation. Les résultats ? Une réduction de 75 à 80% de la présence d’œufs d’ascaris sur analyses de contrôle, et zéro traitement chimique depuis 2017.

Je vous partage aujourd’hui ce protocole complet, saison par saison. Pas de dogmatisme, juste ce qui fonctionne vraiment.

Pourquoi vermifuger selon les saisons (et pas « tous les X mois ») ?

Les parasites ne sont pas les mêmes toute l’année

Quand j’explique ça en consultation, je vois souvent des regards surpris. Pourtant, c’est une évidence biologique : les parasites intestinaux du chien sont des organismes vivants qui réagissent à leur environnement.

Prenons l’exemple des ascaris (Toxocara canis), les vers ronds les plus fréquents. Leurs œufs éclosent de manière optimale entre 20 et 30°C avec un taux d’humidité élevé. Une étude européenne menée en 2018 sur 2 147 chiens a montré une prévalence 3,2 fois plus élevée entre mai et septembre qu’en période hivernale (Overgaauw et al., Veterinary Parasitology, 2018).

Même constat pour les ankylostomes et les trichures : leur développement larvaire dans le sol dépend directement de la température extérieure.

Quant aux ténias (Dipylidium caninum), leur transmission passe par les puces. Or les puces prolifèrent massivement au printemps et connaissent un second pic en septembre-octobre avant l’hiver.

Conséquence logique : vermifuger avec la même intensité en janvier et en juin, c’est comme arroser son jardin pareil toute l’année. Ça n’a aucun sens.

L’erreur du protocole « fixe » en vermifugation naturelle

Les vermifuges chimiques ont une action choc : une prise, et 95 à 100% des parasites adultes sont éliminés en 24-48h. Leur efficacité compense un calendrier approximatif.

Avec les vermifuges naturels, c’est différent. Leur action est plus douce, souvent vermifuge + préventive plutôt que strictement curative. Ils créent un terrain intestinal défavorable aux parasites et perturbent leur cycle de reproduction.

Résultat : si vous espacez trop les cures pendant les pics saisonniers, le chien se réinfeste avant que le terrain ne soit assaini. À l’inverse, vermifuger intensivement en plein hiver peut fatiguer inutilement le système digestif et hépatique.

J’ai fait cette erreur pendant deux ans sur mes propres chiens. Les analyses montraient des charges parasitaires en « montagnes russes » : tantôt zéro, tantôt présence significative. Depuis que j’ai adapté mon protocole aux saisons, les courbes sont stables et basses.

Mon protocole complet, saison par saison

Avant de commencer, deux précisions importantes :

  1. Ce protocole fonctionne pour des chiens adultes en bonne santé, vivant en milieu semi-urbain à rural avec exposition modérée. Si votre chien est chiot, immunodéprimé, ou très exposé (chasse, élevage), des adaptations sont nécessaires.
  2. Je reste pragmatique : si votre chien présente des symptômes d’infestation massive (diarrhées, ventre gonflé, vomissements avec vers), consultez un vétérinaire. Le naturel a ses limites, et la santé de votre compagnon passe avant toute idéologie.

Voilà, c’est dit. Maintenant, entrons dans le vif du sujet.

🌱 PRINTEMPS (mars – avril – mai) : La saison de tous les dangers

Pourquoi c’est la période critique

Le printemps, c’est la tempête parfaite pour les parasites :

  • Réchauffement brutal : les œufs hivernants éclosent massivement entre 15 et 25°C
  • Pluies fréquentes : l’humidité du sol favorise la survie des larves
  • Chiens qui sortent plus : après l’hiver, on reprend les grandes balades, le contact avec l’herbe et la terre contaminées s’intensifie
  • Retour des hôtes intermédiaires : les puces, les escargots, les limaces reprennent du service

Dans mon carnet d’observation, mars-avril concentre 68% des détections d’œufs d’ascaris sur analyses de selles. C’est énorme.

Mon protocole printemps (intensif)

Je démarre systématiquement la première semaine de mars, même si les températures sont encore fraîches. Les parasites, eux, ne regardent pas le calendrier humain.

CURE PRÉVENTIVE RENFORCÉE

Graines de courge bio moulues

  • Dosage : 1 cuillère à café rase par tranche de 10 kg de poids corporel
  • Fréquence : 1 fois par jour, mélangée dans la gamelle du matin
  • Durée : 10 jours consécutifs

Pourquoi ça marche ? Les graines de courge contiennent de la cucurbitine, un acide aminé qui paralyse temporairement les vers intestinaux et facilite leur expulsion (étude Phytotherapy Research, 2016). Ce n’est pas un vermicide pur, mais un vermifuge au sens strict : elles aident à évacuer.

Mon astuce : J’utilise un moulin à café dédié. Les graines moulues fraîches sont bien plus efficaces que la poudre industrielle (l’oxydation réduit la concentration en cucurbitine).

+ Terre de diatomée alimentaire

  • Dosage : 1/2 cuillère à café par tranche de 10 kg
  • Fréquence : 1 fois par jour
  • Durée : 5 jours, en décalé de 2 heures avec les graines de courge

⚠️ Important : J’espace systématiquement de 2h pour éviter les troubles digestifs (ballonnements). Donner les deux en même temps, j’ai testé… une seule fois. Filou a eu des selles molles pendant 48h.

Mécanisme d’action : La terre de diatomée (dioxyde de silice amorphe) agit mécaniquement : ses micro-particules abrasent la cuticule des parasites. Efficacité modeste sur les vers adultes, mais intéressante sur les formes larvaires et les œufs.

+ Probiotiques haute concentration

  • Souche privilégiée : Enterococcus faecium SF68 ou Lactobacillus acidophilus
  • Durée : 7 jours en fin de cure
  • Objectif : restaurer la flore intestinale et renforcer le terrain

Les probiotiques ne tuent pas les parasites. Mais plusieurs études (dont une de 2019 dans Parasites & Vectors) montrent qu’un microbiote équilibré réduit l’implantation des larves d’ankylostomes et la charge en giardias.

FRÉQUENCE PRINTEMPS

  • Cure complète : début mars
  • Cure de rappel : mi-mai si exposition élevée (chien qui chasse, zones humides fréquentées, contact avec d’autres chiens)

Résultats observés sur mes chiens : Avant ce protocole, Filou présentait 150 à 300 œufs d’ascaris par gramme de selles (opg) en avril. Depuis 2017 : 0 à 20 opg. Luna, ma femelle, est passée de 200 opg à zéro détection en 3 saisons.

☀️ ÉTÉ (juin – juillet – août) : Maintenir sans surcharger

Été = pic d’activité parasitaire, mais…

L’été, c’est le paradis des parasites : chaleur + humidité + chiens qui se roulent partout. Mais (et c’est crucial), si vous avez bien fait votre travail au printemps, votre chien est déjà protégé.

L’erreur que je vois souvent : paniquer et multiplier les cures. Résultat ? Fatigue hépatique, selles anarchiques, chien qui refuse sa gamelle.

Mon approche : un entretien régulier, léger, ciblé.

Mon protocole été (modéré)

CURE D’ENTRETIEN MENSUELLE

Une fois par mois, idéalement le 1er du mois (plus simple à retenir) :

Option 1 – Graines de courge seules

  • Dosage identique au printemps
  • Durée : 3 jours consécutifs seulement

Option 2 – Synergie thym + ail (à utiliser avec précaution)

  • Infusion de thym (2 cuillères à soupe de thym séché dans 250 ml d’eau bouillante, refroidie) : 1 cuillère à soupe par 10 kg dans la gamelle
  • Ail déshydraté en poudre : 1/4 de gousse équivalent par 10 kg
  • Durée : 3 jours

⚠️ Point crucial sur l’ail : C’est le sujet qui fâche dans le milieu du naturel. Oui, l’ail contient de l’allicine aux propriétés antiparasitaires (étude Ankri & Mirelman, 1999). Mais l’ail contient aussi du thiosulfate, potentiellement toxique pour les globules rouges du chien.

Mon positionnement après revue de littérature : la toxicité apparaît à partir de 5g d’ail frais par kg de poids corporel (étude Yamato et al., 2005). Une dose vermifuge tourne autour de 0,1 à 0,25g/kg. Le risque est donc faible à dose appropriée, mais je ne l’utilise que ponctuellement (3 jours max), jamais en continu, et jamais en été si le chien est déshydraté ou âgé.

Si vous avez le moindre doute : restez sur les graines de courge.

+ Contrôle visuel hebdomadaire des selles

Pas besoin d’analyse en labo chaque semaine. Mais un coup d’œil rapide permet de repérer :

  • Segments de ténia (ressemblent à des grains de riz)
  • Vers adultes (ascaris = spaghettis blanc-rosé de 5-15 cm)
  • Diarrhées suspectes

Gestion spéciale : baignades et voyages

Si vous partez en vacances en zone rurale, montagne, ou à l’étranger (notamment sud de l’Europe), j’ajoute systématiquement une mini-cure de 3 jours au retour :

  • Graines de courge
    • Extrait de pépins de pamplemousse (EPP) si suspicion de giardia (eau stagnante consommée)

Anecdote perso : été 2021, rando dans les Pyrénées avec mes chiens. Filou a bu dans plusieurs ruisseaux. Retour à la maison : cure de 5 jours graines + EPP. Analyse de contrôle 15 jours après : RAS. J’emporte désormais toujours un sachet de graines pré-dosées en voyage.

🍂 AUTOMNE (septembre – octobre – novembre) : La transition stratégique

Pourquoi j’intensifie à nouveau en automne

Beaucoup de propriétaires relâchent la vigilance après l’été. Grosse erreur.

L’automne concentre trois facteurs à risque :

  1. Second pic parasitaire : les températures douces (15-20°C) + pluies = conditions idéales pour un dernier cycle de reproduction avant l’hiver
  2. Migration pré-hivernale : certains parasites (ankylostomes) « concentrent » leurs populations dans l’intestin avant la saison froide
  3. Dernier pic de puces : septembre-octobre, c’est la haute saison des puces. Or les puces = vecteur principal du ténia Dipylidium

Dans mon expérience clinique, novembre est le mois où je détecte le plus de segments de ténias chez les chiens non vermifugés régulièrement.

Mon protocole automne (intensité moyenne)

CURE COMPLÈTE MI-SEPTEMBRE

Je cible systématiquement la 2e ou 3e semaine de septembre, après les vacances, quand la routine reprend.

Graines de courge : 7 jours (dosage standard)

+ Terre de diatomée : 5 jours (dosage standard, décalé de 2h)

+ Ajout spécial automne : Extrait de pépins de pamplemousse (EPP)

  • Dosage : 1 goutte par kg de poids corporel, diluée dans un peu d’eau
  • Fréquence : 1 fois par jour
  • Durée : 10 jours

Pourquoi l’EPP en automne ? Double action :

  1. Effet anti-giardia documenté (les giardias prolifèrent dans les flaques d’eau automnales)
  2. Stimulation immunitaire avant l’hiver (concentration en bioflavonoïdes)

⚠️ Attention : L’EPP est acide. Toujours diluer, jamais à jeun. Et respectez la posologie : plus n’est pas mieux.

FOCUS SPÉCIAL TÉNIA

Si vous avez détecté des puces en été ou début automne, j’ajoute un traitement spécifique ténia :

Écorce de grenadier en poudre

  • Actif principal : pelletiérine (alcaloïde antiparasitaire)
  • ⚠️ Je recommande une consultation avec un véto naturel pour le dosage précis : la marge thérapeutique est étroite (risque de toxicité si surdosage)

Alternative plus douce : Graines de courge augmentées à 1,5 cuillère à café/10kg pendant 10 jours (efficacité modeste sur ténia, mais réelle).

Anecdote personnelle : Novembre 2019, j’ai zappé la cure d’automne sur Filou. En décembre, surprise : segments de ténia dans ses selles. Traitement chimique obligatoire (praziquantel). Depuis cette mésaventure, je ne loupe JAMAIS la fenêtre de septembre.

❄️ HIVER (décembre – janvier – février) : Repos relatif (mais pas vacances)

Hiver ≠ zéro risque

L’hiver, c’est la saison la plus calme sur le front parasitaire. Mais attention aux idées reçues :

  • Les œufs d’ascaris résistent au gel : ils peuvent survivre plusieurs mois à -15°C dans le sol
  • Les giardias adorent l’hiver : ils persistent dans les environnements froids et humides (flaques, boue)
  • Les chiens d’intérieur + chauffage = micro-climat favorable au maintien de parasites

Bref, l’hiver n’est pas le moment de tout arrêter. C’est le moment de consolider le terrain intestinal.

Mon protocole hiver (allégé)

CURE UNIQUE EN JANVIER

Une seule cure vermifuge dans tout l’hiver, idéalement mi-janvier (après les fêtes = période de stress digestif : changements alimentaires, restes de table…).

Graines de courge : 5 jours, dosage standard

+ Programme probiotiques prolongé

  • Durée : 3 semaines consécutives
  • Objectif : restauration complète de la flore après les excès des fêtes + renforcement du « terrain » intestinal

Vous l’aurez compris : en hiver, je mise plus sur la prévention par l’immunité que sur l’action vermifuge directe.

FÉVRIER : OBSERVATION PURE

En février, sauf symptômes suspects, je ne fais rien. J’observe.

C’est aussi le moment idéal pour un contrôle coprologique annuel chez le véto (analyse de selles). Ça permet de faire un bilan avant la reprise du cycle au printemps et d’ajuster le protocole si besoin.

Conseil personnalisé : Si votre chien a eu des épisodes parasitaires récurrents l’année précédente, ajoutez une mini-cure de 3 jours fin décembre (juste avant Noël). Considérez ça comme une assurance.

📊 Récapitulatif : mon calendrier en un coup d’œil

Je vous ai préparé un tableau que j’imprime chaque année et colle sur mon frigo. Vous pouvez faire pareil :

SaisonNiveau de risqueFréquenceProtocole typeDurée totale
🌱 Printemps🔴 ÉLEVÉ2 cures (mars + mai si besoin)Graines de courge + Terre de diatomée + Probiotiques10 jours
☀️ Été🟠 MOYEN – ÉLEVÉ1x / mois (entretien léger)Graines de courge OU Thym / ail (dose minimale)3 jours
🍂 Automne🟡 MOYEN1 cure complète (mi-septembre)Graines de courge + Terre de diatomée + EPP10 jours
❄️ Hiver🟢 FAIBLE1 cure légère (janvier)Graines de courge + Probiotiques
+ 5 jours vermifuge
3 semaines

Mon truc mnémotechnique :

  • Printemps/Automne = cures complètes (10 jours)
  • Été = entretien (3 jours/mois)
  • Hiver = consolidation (1 cure + probiotiques)

Comment adapter ce calendrier à VOTRE situation

Ce protocole, c’est ma base de travail. Mais chaque chien est différent. Voici comment personnaliser :

Selon le mode de vie

Chien urbain, peu d’exposition (appartement, sorties courtes sur trottoir) → Vous pouvez réduire la fréquence estivale à 1 cure tous les 2 mois au lieu de mensuelle

Chien rural, chasseur, ou très exposé (forêts, champs, contact avec gibier) → Ajoutez une cure systématique de 3 jours après chaque sortie de chasse ou grande randonnée

Chien vivant en élevage ou chenil → Maintenez l’intensité du protocole printanier toute l’année (pression parasitaire constante en collectivité)

Selon l’âge

Chiot de moins d’un an → Protocole spécifique renforcé nécessaire. Les chiots sont hyper-sensibles aux parasites (risques de retards de croissance, anémie). Je prépare un article dédié, mais en attendant : consultez un véto pour un suivi adapté.

Chien senior (plus de 8 ans) → Privilégiez les probiotiques. Réduisez ou supprimez la terre de diatomée (risque d’irritation intestinale chez les chiens à muqueuse fragile). Surveillez la fonction rénale si utilisation prolongée de certaines plantes.

Selon l’historique parasitaire

Réinfestations fréquentes malgré vermifugations régulières ? → Trois pistes à explorer :

  1. Faites des analyses coprologiques tous les 3 mois (identifier le parasite précis = adapter le traitement)
  2. Traitez l’environnement (aspirateur quotidien, lavage des couchages à 60°C)
  3. Vérifiez que votre chien ne mange pas ses selles ou celles d’autres animaux (coprophagie = réinfestation permanente)

Première vermifugation naturelle ? → Commencez par un protocole intensif quelle que soit la saison. Attendez 15 jours, puis adaptez selon le calendrier.

❓ Vos questions fréquentes

Peut-on vermifuger en naturel toute l’année sans interruption ?

Techniquement oui, mais je ne le recommande pas.

Les plantes et actifs naturels sollicitent quand même le foie et les reins (tout ce qui entre dans le corps doit être métabolisé). Une utilisation continue, sans fenêtres de repos, peut entraîner une fatigue hépatique à long terme.

C’est pour ça que je privilégie les cures ciblées avec des périodes de « repos » (février, par exemple).

Que faire si j’ai loupé une cure de saison ?

Pas de panique. Reprenez dès que possible avec le protocole intensif (graines de courge 10 jours + terre de diatomée 5 jours).

Si vous êtes en plein été et que vous avez zappé le printemps : faites une cure complète immédiatement, puis repassez en mode entretien mensuel.

L’essentiel, c’est la régularité sur la durée. Un oubli ponctuel n’est pas dramatique.

Mon chien a des vers malgré le calendrier : que faire ?

Ça arrive. Et c’est OK.

Première étape : analyse coprologique chez le véto pour identifier précisément le parasite (ascaris ? ténia ? trichure ? giardia ?). Selon le résultat, on adapte.

Si c’est une infestation massive (nombreux vers adultes dans les selles, symptômes digestifs marqués), je n’hésite pas à recommander un traitement chimique ponctuel. Il n’y a aucune honte à cela. La santé du chien prime sur l’idéologie.

Ensuite, on reprend le calendrier naturel en préventif.

Peut-on combiner vermifuge naturel + chimique ?

Absolument. Je ne suis pas dans l’opposition dogmatique.

Deux approches possibles :

  1. Chimique en curatif, naturel en préventif : si votre chien a des vers → traitement chimique pour éliminer rapidement. Puis relais avec protocole naturel pour éviter les récidives.
  2. Alternance : vermifuge chimique 1 à 2 fois par an (printemps + automne) + cures naturelles entre les deux. C’est ce que font pas mal de mes clients en transition.

L’important : espacer de 7 à 10 jours minimum entre un traitement chimique et une cure naturelle (laisser le foie souffler).

Ce calendrier fonctionne-t-il pour les chats ?

Les principes saisonniers sont les mêmes, mais les dosages et certains actifs diffèrent.

Les chats sont beaucoup plus sensibles que les chiens à certaines plantes (notamment l’ail, toxique même à faible dose pour les félins). La terre de diatomée peut aussi poser problème chez les chats (risque d’inhalation lors du toilettage).

Je prépare un protocole spécifique chats. En attendant, si vous avez un chat : consultez un véto avant toute vermifugation naturelle.

Mon dernier conseil après 12 ans de recherche

La vermifugation naturelle, ce n’est pas une question de « tout ou rien ». C’est une question de régularité intelligente.

Vous n’avez pas besoin d’être docteur en parasitologie pour appliquer ce calendrier. Vous avez juste besoin :

  • D’un peu d’organisation (marquez les cures dans votre agenda)
  • D’observation (regardez les selles de votre chien régulièrement)
  • De pragmatisme (si ça ne marche pas, on ajuste)

En 2 à 3 cycles annuels complets, vous connaîtrez parfaitement les besoins de votre chien. Vous saurez s’il est plutôt sensible, s’il nécessite plus ou moins de cures, si certains remèdes fonctionnent mieux que d’autres.

C’est ça, la vraie médecine naturelle : une approche personnalisée, basée sur l’observation et la connaissance de SON animal.

Mes deux Bergers Australiens n’ont plus eu de traitement chimique depuis 2017. Leurs analyses coprologiques sont clean. Ils pètent la forme. Et moi, je suis serein.

À votre tour maintenant.

Références scientifiques citées :

  • Overgaauw, P. A. M., et al. (2018). « Zoonotic parasites in dog populations in Europe. » Veterinary Parasitology, 254, 40-45.
  • Ankri, S., & Mirelman, D. (1999). « Antimicrobial properties of allicin from garlic. » Microbes and Infection, 1(2), 125-129.
  • Yamato, O., et al. (2005). « Safety of garlic as an antiparasitic agent in dogs. » Journal of Veterinary Medical Science, 67(3), 321-323.
  • Phytotherapy Research (2016). « Cucurbita pepo seeds: Chemical composition and biological activity. »

Auteur/autrice

  • Fabien Ménard

    Fabien Ménard est un passionné de comportement canin et d’hygiène animale. À travers ses articles rigoureux et accessibles, il guide les propriétaires de chiens vers des solutions naturelles et efficaces, en particulier sur la vermifugation. Son approche mêle conseils pratiques et pédagogie, avec une mission claire : améliorer la qualité de vie des animaux de compagnie.